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Caractériser l’innovation

Une idée innovante peut être catégorisée selon :
- son degré d’originalité
- son rapport au marché
- sa nature

Le degré d’originalité de l’innovation

Une idée peut être distinguée selon son degré d’originalité pour la structure porteuse de l’innovation ou pour son environnement immédiat : [1]
- fort degré d’originalité : innovation originale : la structure crée, trouve, organise et décide de sa propre solution à appliquer pour les besoins de son entreprise.
- degré moyen d’originalité : innovation d’adaptation : la structure adapte tout simplement une solution précédemment connue de sa propre situation ou appliquée d’un usage secondaire
- faible degré d’originalité : innovation d’emprunt : la structure emprunte une solution conventionnelle, requérant peu de modifications pour une application à l’ensemble de l’innovation.
Cette dernière catégorie peut être considérée localement comme une innovation si l’emprunt nécessite une augmentation de savoir et une adaptation spécifique liées aux conditions locales.

La perception du marché visé

Une idée peut être distinguée selon le degré d’innovation lié au marché :
- innovation incrémentale : proposer une offre avec un degré d’innovation limité (faible ou moyen) pour prendre le marché aux concurrents, pouvant induire légèrement un changement de consommation et dans les normes de consommation actuelles
- innovation de rupture : effectuer une proposition d’offre en provoquant un virage à 360° par rapport à la concurrence pour créer de nouveaux marchés et modifier les comportements de consommations.
La définition de l’innovation, telle qu’adoptée à la Réunion, concerne également l’innovation dans le secteur non marchand (administration, association, économie sociale..) et donc qui n’a pas de marché direct ou de lien direct avec les consommateurs et un retour financier immédiat.
- innovation du secteur non marchand : innovation qui n’est pas liée directement à un marché rémunérateur à court terme.

La nature de l’innovation

En partant d’une approche économique, « Le manuel d’Oslo » de l’OCDE (2008) distingue 4 types d’innovations :
- l’innovation produit : correspond à l’introduction d’un bien ou d’un service nouveau ou sensiblement amélioré sur le plan de ses caractéristiques ou de l’usage auquel il est destiné. Cette définition inclut les améliorations sensibles des spécifications techniques, des composantes et des matières, du logiciel intégré, de la convivialité ou autres caractéristiques fonctionnelles ;
- l’innovation de procédé : correspond à la mise en œuvre d’une méthode de production ou de distribution nouvelle ou sensiblement améliorée. Cette notion implique des changements significatifs dans les techniques, le matériel ou le logiciel ;
- l’innovation de commercialisation : correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle méthode de commercialisation impliquant des changements significatifs de la conception ou du conditionnement, du placement, de la promotion, ou de la tarification d’un produit ;
- l’innovation d’organisation : correspond à la mise en œuvre d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieurs de la firme. L’innovation peut être simplement technologique ou non technologique. Toutefois, une approche plus concrète et en lien avec les contextes d’innovation en entreprise (approche de Manceau-Durand, « Pour une nouvelle vision de l’innovation », 2009) peut être retenue :
- l’innovation d’offre : nouveau produit ou service ou nouveau mode de commercialisation
- l’innovation de processus et d’organisation
- l’innovation de modèle économique : innovation globale, dont d’organisation et de commercialisation. Ces catégories sont à croiser avec la venue d’une idée, d’un changement intervenant soit dans l’usage (immatériel), soit dans la technologie même soit dans un couplage des deux (création forte de valeur ajoutée voire de nouveau métier).


Avril 2010

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